Origines
Ma ville écartelée par les armes surgies
Port d’exil du soleil arraché aux montagnes
Ma ville incendiée par le désert conquis
La mer ligne de fuite aux aurores vaincues
Des cités où l’hiver déshabille les fleurs
Ma mémoire endeuillée déchirée de départs
Convoque tes couleurs au vent brûlant du sud
Tes sécheresses bleues et tes regards de khôl
Les venins des faux dieux ont souillé tes citernes
Ton peuple desséché réclame l’eau du sang
Mais les cendres du vent fécondent le ciel cru
La mer flamboie à l’horizon des assassins
La beauté d’un reflet de lune sur la chaux
Dévoile les parfums des femmes sacrifiées
A l’horizon de ma ville natale
Il y a une montagne
Une montagne où naît le soleil
Chargé des murmures du désert au-delà
Des craquements des racines des kermès éclatant les rochers
Acharnés à trouver le sol rare et l’eau
Une montagne où se perd le vent
Une montagne où meurt la lune
Elle s’étend sur la neige de décembre
Et l’eau sourd dans les ravins la nuit
Le matin les hommes l’emportent dans leurs villages
A l’horizon de ma ville natale
Il y a un peuple
Une femme chante
La voix de la montagne la voix du soleil du vent
La voix des neiges de décembre du désert en août des kermès des rochers
Des ravins la lune sourd dans sa voix
Djurdjura
A l’horizon de ma ville natale
Il y a un chant
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